Le formulaire 3233-SD est l’imprimé officiel permettant d’interroger le service de la publicité foncière (SPF) sur la situation juridique d’un immeuble ou sur le patrimoine immobilier d’une personne, pour toute formalité publiée depuis le 1er janvier 1956. Dans le cadre d’une succession, il sert à vérifier qu’un défunt était bien propriétaire d’un bien, et à détecter les charges – hypothèques, inscriptions de privilèges, servitudes – qui pèsent sur ce bien et suivront les héritiers.
Ce que le SPF conserve et ce que le 3233-SD permet d’obtenir
Le fichier immobilier tenu par le SPF enregistre toutes les mutations et formalités publiées sur chaque immeuble : ventes, donations, transmissions successorales, inscriptions d’hypothèques et de privilèges, servitudes constituées par acte. Une demande sur immeuble retrace les propriétaires successifs et l’ensemble des charges actives depuis 1956 (ou depuis la rénovation du cadastre de la commune concernée).
Une demande sur personne, elle, liste les immeubles publiés au nom d’un titulaire donné. Dans une succession, cette seconde approche est utile quand les héritiers soupçonnent que le défunt possédait d’autres biens que ceux mentionnés dans l’acte de notoriété.
Le formulaire 3233-SD ne donne pas accès au texte des actes eux-mêmes. Il produit un relevé des formalités : références des actes, dates, nature des opérations, identités des parties. Pour obtenir la copie intégrale d’un acte repéré dans ce relevé, il faut ensuite déposer une demande sur le formulaire 3236-SD.
Remplir le 3233-SD pour un bien hérité : les références à fournir
La demande sur immeuble exige d’identifier précisément le bien. Le SPF demande la désignation cadastrale complète : commune, section, numéro de parcelle. Sans ces éléments, le service ne peut pas localiser le bien dans le fichier immobilier.
Les héritiers disposent en général de ces références dans l’acte de propriété du défunt, ou dans le dernier avis de taxe foncière. Si ces documents ont été retrouvés, le remplissage du formulaire est direct. La contribution de sécurité immobilière due varie selon le type de renseignement demandé ; la notice 3241-NOT-SD précise le montant à joindre à la demande.
Le formulaire complété, signé et accompagné du règlement, est adressé au SPF territorialement compétent pour le lieu de situation de l’immeuble. Les notaires accèdent au fichier immobilier par voie dématérialisée (Télé@ctes) ; les particuliers et certains professionnels passent par le formulaire papier.

Quand les références cadastrales sont inconnues : retrouver les identifiants avant de déposer la demande
La situation la plus difficile survient quand les héritiers ne disposent que d’une adresse postale, d’un ancien libellé dans un acte notarié ou d’une référence cadastrale qui ne correspond plus au découpage actuel de la commune. Le SPF ne peut pas effectuer de recherche à partir d’une adresse seule.
Plusieurs sources permettent de reconstituer la désignation cadastrale exacte avant de déposer la demande.
- Le plan cadastral en ligne (cadastre.gouv.fr) : en saisissant l’adresse postale du bien, on accède à la parcelle correspondante et à ses références (section, numéro). C’est le point de départ le plus rapide pour un héritier qui ne dispose que de l’adresse.
- L’avis de taxe foncière : ce document fiscal mentionne systématiquement la section et le numéro de parcelle. Si les archives du défunt contiennent les derniers avis, les références y figurent en clair.
- Les archives notariales : le notaire qui a rédigé l’acte d’acquisition du défunt conserve l’original ou la minute. Les héritiers, en tant qu’ayants droit, peuvent en demander une copie ; cet acte contient la désignation cadastrale complète.
- Les archives départementales : pour les biens acquis avant 1956, ou quand l’acte original est introuvable, les archives départementales conservent les fichiers de documentation cadastrale. Une demande de consultation, en présentiel ou par courrier, permet de retrouver l’historique de la parcelle.
Lorsque la commune a procédé à une rénovation cadastrale ou à une fusion de parcelles depuis l’acte d’acquisition, les anciennes références ne correspondent plus au plan actuel. Le service du cadastre du centre des finances publiques du département peut indiquer la correspondance entre ancienne et nouvelle numérotation.
Lecture du relevé et usage dans le dossier de succession
L’état hypothécaire produit en réponse à la demande 3233-SD liste les inscriptions actives et les inscriptions radiées. Une inscription active non repérée fausse le calcul de la masse successorale : la charge suit le bien, pas la personne, et les héritiers qui acceptent la succession en héritent aussi.
Deux points méritent une attention particulière à la lecture du relevé.
Le premier concerne les inscriptions dont la date extrême d’effet est dépassée. Une hypothèque périmée ne protège plus le créancier, mais elle peut encore figurer dans le relevé si aucune radiation formelle n’a été publiée. Le notaire doit distinguer ce qui est encore opposable de ce qui ne l’est plus.
Le second concerne les biens situés dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. Ces départements appliquent le régime du livre foncier, distinct du fichier immobilier national. La demande ne s’adresse pas au SPF mais au tribunal judiciaire compétent, et le formulaire 3233-SD ne s’y applique pas.
Articuler le 3233-SD et le 3236-SD dans une succession
Le 3233-SD produit un relevé de formalités, pas le texte des actes. Pour analyser le contenu d’une hypothèque, vérifier une clause de remploi dans une donation ou lire une servitude constituée par acte, il faut la copie de l’acte lui-même, obtenue via le formulaire 3236-SD.
Dans un dossier de succession comportant plusieurs biens ou plusieurs inscriptions, les deux formulaires sont souvent utilisés en séquence : le 3233-SD identifie les actes publiés, le 3236-SD en fournit les copies. Le notaire chargé de la succession pilote généralement cette démarche, mais tout héritier peut déposer lui-même une demande 3233-SD sans avoir à justifier d’un intérêt particulier ni d’un lien avec le défunt.
La demande est publique par principe : le fichier immobilier est consultable par toute personne qui en fait la demande. Cette accessibilité est ce qui distingue la publicité foncière d’un registre à accès restreint.

