L’historique des ventes immobilières est public en France : la base DVF (demandes de valeurs foncières), publiée gratuitement par l’administration, donne pour chaque vente le prix, la date, le type de bien et les surfaces. Elle se consulte sur une carte, jusqu’à la parcelle, ce qui permet de retrouver le prix d’une maison vendue dans sa rue. Voici ce que contient cet historique, comment le consulter, pourquoi une vente peut manquer et comment lire les chiffres sans se tromper.
Ce que contient l’historique des ventes immobilières
Les données proviennent des actes notariés et des informations du cadastre. Chaque ligne correspond à une mutation, c’est-à-dire une vente enregistrée à une date donnée.
On y trouve la valeur foncière (le prix), la date de mutation, le type de local (maison ou appartement), la surface bâtie, la surface de terrain, le nombre de pièces principales et l’identifiant de la parcelle cadastrale. L’adresse est indiquée, mais aucun champ ne mentionne l’acheteur ou le vendeur.
L’état du bien, l’étage ou les travaux réalisés ne figurent pas dans la base. Pour une parcelle de terrain, la surface est exprimée en mètres carrés ; la conversion d’une surface de terrain en m2 aide à comparer avec une annonce rédigée en ares.
Consulter DVF gratuitement, adresse par adresse
Le service public de la base DVF s’utilise sans compte ni paiement. On saisit une commune ou une adresse, la carte affiche les ventes par parcelle, puis un clic ouvre le détail de chaque transaction.

La démarche tient en quelques étapes :
- Saisir l’adresse ou la commune pour centrer la carte sur la rue qui vous intéresse.
- Zoomer jusqu’au niveau de la section cadastrale, puis de la parcelle, pour voir les ventes enregistrées.
- Filtrer par type de bien (maison, appartement) et par période pour écarter les ventes sans rapport avec votre projet.
La base couvre les cinq dernières années. Elle est mise à jour deux fois par an, en avril et en octobre, et chaque livraison corrige aussi les années précédentes : un prix consulté aujourd’hui peut donc différer légèrement d’une consultation passée.
Les mêmes données sont proposées en fichiers téléchargeables, un par année ou un seul pour les cinq années glissantes, pour ceux qui veulent les traiter dans un tableur.
Le service des impôts et les bases des notaires
Le site impots.gouv.fr propose, dans l’espace particulier, le service Rechercher des transactions immobilières. Il s’adresse aux personnes qui ont besoin d’estimer un bien dans un cadre précis : succession, donation, impôt sur la fortune immobilière, ou vente et achat potentiel. La consultation est mémorisée, et le service fournit des ventes comparables, pas une estimation chiffrée.
Face à DVF, il apporte un cadre de recherche plus guidé, mais il demande une connexion et son usage est encadré par des conditions. Pour une simple curiosité sur le prix d’un voisin, la carte publique suffit.
Les notaires disposent de leurs propres bases de ventes, dont Perval, conçues pour les professionnels. Le public n’y accède pas librement : il passe par des indicateurs publiés ou par une demande auprès d’un office. Une agence immobilière adaptée à votre projet de vente utilise aussi ces références pour avancer une estimation.
Pourquoi une vente n’apparaît pas encore
Le premier motif est le délai de publication. Une vente apparaît après la signature de l’acte authentique, puis son traitement, et seulement à la prochaine livraison de la base, en avril ou en octobre. Une promesse ne figure pas dans l’historique, tant que l’acte de promesse de vente n’a pas été suivi de la vente définitive.
Le deuxième motif est géographique : la base exclut l’Alsace, la Moselle et Mayotte. Dans ces territoires, la recherche sur la carte ne renvoie aucune vente.
Une vente peut aussi être regroupée avec d’autres lots sous un même prix, ce qui la rend difficile à repérer à l’adresse exacte. Dans ce cas, élargissez la recherche à la parcelle voisine ou à la date approximative.
Lire les prix sans se tromper
Un prix de la base décrit une transaction, pas la valeur d’un bien équivalent aujourd’hui. Plusieurs précautions évitent les mauvaises interprétations.

Quand une même vente porte sur plusieurs lots ou plusieurs parcelles, le prix est indiqué une seule fois pour l’ensemble. Diviser ce prix par la surface d’un seul logement fausse le prix au m2.
La surface bâtie de la base n’est pas toujours la surface Carrez de l’annonce, et les dépendances (garage, cave, terrasse) peuvent s’ajouter au bien principal. Vérifiez aussi la nature de la vente : le prix d’une vente entre proches ou d’un bien à rénover ne sert pas de repère pour un logement en bon état.
Pour savoir combien un voisin a vendu sa maison, retenez uniquement les biens comparables : même type, surface proche, même quartier, vente récente. Trois à cinq ventes comparables valent mieux qu’une vente isolée.
Se servir de l’historique pour vendre ou acheter
Pour un vendeur, les ventes voisines servent à fixer un prix de mise en vente cohérent avec ce que les acheteurs ont réellement payé. Pour un acheteur, elles aident à préparer une offre argumentée face au prix demandé.
Ces données ne remplacent pas une estimation professionnelle, qui tient compte de l’état du bien et de son environnement. Elles se combinent avec les obligations du vendeur immobilier à respecter avant la mise en vente.
Les ventes consultées datent de plusieurs mois ou de plusieurs années : tenez compte de l’évolution du marché depuis leur date avant d’en tirer un prix. Un écart entre la dernière vente de la rue et le prix demandé se discute alors sur des bases concrètes.

